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LES AÎNÉS DE l'UCPA

 
 
17 rue Rémy Dumoncel 75014 Paris - lesiteaines@orange.fr

Texte envoyé par Edmond CADET

Les aînés de l'UCPA à 'La Plagne'* (1), rencontre du 12-18/01/2014
Cher monsieur le rédacteur en chef du périodique 'la Trace :

Nouvel élément, ainsi que mon épouse Cathie, de la confrérie des aînés de l'UCPA, vous me chargeâtes, lors de la rencontre ci-dessus mentionnée, de vous rendre compte de celle-ci, exercice dévolu en examen préparatoire à tout nouvel arrivant.

Je suis absolument honoré du devoir dont vous me chargez, obligation que je m'empresse de remplir de ma plus belle plume, sachez que je ne considère point cette épreuve d'intégration comme une brimade ou un bizutage, mais se pose la question, est-il bien raisonnable de me confier une telle tâche?
J'objecte deux raisons impérieuses qui me font douter de la pertinence de mon intervention dans la rédaction d'un article pour le magnifique bulletin que vous animez de main de maître, i.e.* (2) 'la Trace',primo, nous devons reconnaître, très respectable chroniqueur de l'étincelante revue de 'la Trace', que le style et l'élégance que vous déployez dans vos écrits, la volupté de vos scénarii, la rigueur de vos dialogues, le suspense insoutenable de votre prose grandiose, la grâce remarquable de votre talent d'auteur, et vous n'en manquez pas, enfin toutes les qualités exceptionnelles de l'écrivain que vous êtes, tout cela me laisse craindre de l'aridité et de la maladresse de mon discours, moi qui suis novice en la matière;
secundo, très estimable responsable de la prestigieuse publication littéraire de 'la Trace', vous me priâtes à genoux de vous décrire la chronique des événements passés, l'histoire des personnages rencontrés, les rubriques de nos diverses animations, bref, vous suggérâtes que je produisisse un mémoire.
Or, suite à une douloureuse maladie neuronale, je n'ai plus la capacité de rendre un mémoire car je l'ai perdue (oui j'ai perdu la mémoire, mais se pose un cruel problème de grammaire, dois-je mettre un 'e' au premier 'perdu'?)

Très considérable éditorialiste du sublime fascicule d'information, 'la Trace', voici les deux raisons pour lesquelles je crains quelque difficulté à la rédaction des commentaires. Comment taire mon duo de faiblesses, mon piètre art épistolaire (laisser l'épistolier avant de rentrer dans le bar) est en fuite, et mes soucis d'amnésie, j'ai de la fuite dans les idées.

Très honorable critique de l'art de la dissertation, très apprécié et futur confrère si mon libelle vous agrée, je m'en remets à votre grandeur d'âme et à votre indulgence d'un côté, puis d'un autre, à mes souvenirs diffus et mes notes griffonnées à la va vite sur des mouchoirs en papier (les mouchoirs, c'est pour la mémoire) ayant reçus de la sauce tomate. Pour vous plaire, illico, sur le champ, je vais me transformer en reporter, sans reporter mes efforts (en plus, c'est complètement ardu le français, on écrit deux fois le même mot avec la même orthographe, et même pas on prononce pareil!).

(1) l'explication du nom du lieu arrive tout de suite dans la page 2.
(2) i.e. procédé littéraire pour dire 'c'est à dire', qui nous vient du latin 'Id Est', qui veut dire pareil, c'est à dire 'c'est à dire', et on garde les initiales, cela va sans dire.

Ainsi que convenu, je vais reprendre mes notes et mes observations afin de vous narrer le lieu de cette sublime semaine de stage et les charmantes personnes que nous y rencontrâmes,. Avant toute chose, j'ai commencé par laver le mouchoir en papier tâché de sauce tomate, le mouchoir est propre mais il est parti en charpie.
Par bonheur, j'ai d'autres flèches à mon arc, connaissant mon état de détresse mnémotechnique, j'ai pris l'opportune décision de photographier (avec un appareil numérique), tous les endroits où je me trouve, en commençant par le nom des lieux, des rues, par photographie des plaques de signalisation, je photographie également les impétrants et note les activités exercées par le groupe.
Pour la première partie, le résultat est désastreux, en dehors de la première photo, toutes les autres sont inutilisables, les clichés sont tous surexposés, on ne voit que du blanc, impossible de reconnaître un paysage quelconque, le numérique n'est plus ce qu'il était.

Seule la première photo semble donner quelque satisfaction, celle du nom du lieu flashé sur un panneau routier, mais au moment même où j'appuyais sur le déclencheur, un bizarre individu recouvert d'une combinaison a priori étanche, recouvert d'un casque sensiblement sphérique orné d'un curieux hublot devant les yeux et chaussé d'épaisses chaussures à talon épais, a, par mégarde, déposé devant le panneau routier deux curieux objets de forme allongée, d'environ deux mètres de long et terminés de façon singulière (pourtant ils étaient deux) par des extrémités arrondies, d'ailleurs, vu le temps que cela prend d'appuyer sur le déclencheur, pas étonnant que les photos soient surexposées.
Las, ces instruments incongrus m'ont caché une partie du lettrage où j'ai pu malgré tout reconnaître un 'g' à gauche et un 'e' à droite, sans savoir si ces objet me cachaient ou non une autre lettre, il en résulte que nous étions bien à 'la Plag/e', avec une forte probabilité que le nom idoine de la ville soit bien 'la Plage', et en réfléchissant, je me demande si le personnage curieux ne serait pas un scaphandrier, un promeneur romantique ne supportant pas la plongée autonome. Je n'ai pourtant aucune hypothèse plausible quant aux deux objets indéfinis, j'attends de votre part des suggestions.

Tiens, tandis que j'écris, de vagues réminiscences envahissent mon esprit, d'autres noms de localités me reviennent dans certains neurones, comme 'Aime la Plage', c'est vrai on adore, voire 'la Plage Bellecôte', pour de vrai je connais la Côte d'Azur, ou d'Opale, ou d'Émeraude, mais la Belle j'ignorais complètement. C'est sympa les vacances, on découvre beaucoup de destinations inconnues. Pour confirmation de 'la Plage', il me souvient d'avoir apporté mes lunettes de soleil et de la crème anti UV.

L'endroit de nos activités semble bien correspondre à une fine étendue de sable mordoré, baigné par la respiration suave et régulière d'une eau tiède venant nous chatouiller les orteils. D'un autre côté, c'est curieux, je n'ai pas pris de coup de soleil.
Voilà donc la première partie de mon rapport terminé, cher monsieur le correspondant de l'opulent opuscule 'la Trace', voici maintenant l'arrivée des protagonistes et de leurs occupations multiples et variées que je décris, pour cela je dois mettre la main sur les annotations transcrites sur du vrai papier, où diable les ai-je mises.

En attendant d'y mettre la main dessus, voilà-t-il pas que mon secrétaire (non, pas le secrétaire de rédaction, mais le meuble en bois, l'écritoire) n’arrête pas de brinquebaler, et j'écris tout de traviole, pourtant je suis sûr d'y avoir rajouté une cale, elle est où, ah, la voilà, c'est une bête feuille de papier pliée plusieurs fois, je vais lui faire un pli supplémentaire pour équilibrer l'ensemble. Diantre, comme elle est dure cette satanée feuille à plier en 64, redéployons la pour recommencer du début, tiens on relit quelques mots, voyons voir, ça alors, surprise, ce sont mes notes, forcément bien rangées, voilà qui va accélérer l'écriture.
Donc, pour les thèmes du stage, je m'en réfère à ces susdites annotations, cela doit nous donner une indication spatio-temporaire de nos activités, je vais y remettre de l'ordre.

Très cher ami le biographe en chef, nous reconnaissons d'abord un premier groupe de personnes avec Alain, Roger, Henri, tous vélivoles remarquables, serions-nous donc ici pour nous envoyer en l'air? non, ils sont accompagnés de Chantal qui elle a les pieds sur terre, et pas l'air de planer, ils sont concentrés sur un jeu de cartes à faire des annonces.
Voilà, ça y est, nous sommes là pour participer à une compétition de 'Texas hold'em', voire 'd'Omaha' ou de 'seven card stud', ce terrible jeu de menteurs, le poker.
Très cher ami biographe, il vous semble que ce n'est pas ça. Les joueurs taraudés par l'idée d'amener un bout au bout, jouent au tarot. Erreur, ce n'est pas le thème du stage.
Très cher camarade chroniqueur, vient ensuite une deuxième entité représentée par Monique, Catherine, Henri, François et Martial qui ont une conversation pour le moins difficile d'accès, on y parle de chytridiomycètes ou de zygomycètes, voire d'eucaryotes (serait-ce de la cuisine pour faire de la soupe avec des pommes de terre et du poireau).

Voilà, ça y est, nous sommes là pour participer à un approfondissement de nos connaissances étymologiques du grec, c'est un stage de langue, comme nous fîmes, du temps de notre jeunesse folle, des stages d'allemand à Niolon.
Très cher camarade, il vous semble que ce n'est pas ça. Relevons que l'entité abuse d'un langage ésotérique pour le simple plaisir de parler de mycologie, de champignons quoi. Erreur, ce n'est pas le thème du stage non plus.
Très cher Pierre, je remonte dans la remembrance de mes souvenirs diffus, comme l'ensemble qui suit, des amoureux des choses, des lieux, des collectionneurs, Henri, Antoine et Simone, c'est les voitures, ah non, il n'y a pas de Simone, puis Cathie, Annette, Jojo, Jean- Pierre, ce pourrait être des pierres et des cristaux (j'ai des failles dans mon enquête), les voyageurs à pied, à cheval, en vélo, en bateau pour Marie-Odile, Mireille, Dominique.
Voilà, ça y est, nous sommes là pour participer à des transactions entre tous ces collectionneurs, à faire des remplacements, des échanges.

Très cher Pierre, il vous semble que ce n'est pas ça. Ce ne sont pas de vulgaires échangistes, non, des échangeurs, zut, c'est autre chose, c'est l'échange de conversations de table pour meubler les temps morts. Erreur encore, ce n'est pas le thème du stage.

Cher Pierre, arrive une quatrième association qui enfin va nous donner un exemple concret de ce satané stage, ce sont des contemplatifs comme Gisèle, des amateurs de mots et de sens caché comme Marc, des écologues admiratifs devant les beautés de la nature comme Jean-Claude, des bricoleurs essayant de transcender leur génie comme Doris ou Jean-Luc, mon dieu, mon dieu, que peuvent-ils tous faire de concert ces braves gens.

Voilà, ça y est, nous sommes là pour un stage d'éveil spirituel, d'oraison silencieuse, de 'new age' (vu l'âge, ça se comprend), de méditation transcendantale.
Cher Pierre, il te semble que ce n'est pas ça. Ça devient n'importe quoi cette rubrique, faire un stage pour réfléchir et puis quoi encore. Nouvelle grossière erreur, ce n'est pas le thème du stage.

Salut Pierrot, je fais un dernier essai avec nos artistes, j'ai enfin la définition de notre rencontre. Qu'est-ce qu'on voit avachis partout, des mecs lymphatiques, en repos, des gus faisant la pause, non, pas la pause mais la pose, ils se font dessiner par Gégé et René, ou sculpter par Papy et Pierre, ou photographier par Michelle .
Voilà, ça y est, nous sommes là pour un stage une formation d'art, de peinture ou de sculpture, pour se faire tirer le portrait.

Salut Pierrot, il te semble que ce n'est pas ça, pas de feuille à dessin, ni godet, ni pinceau, alors qu'est-ce qu'ils foutent. Fatale erreur, ce n'est pas le thème du stage.
Le temps qui m'était imparti est écoulé, je suis accablé de ne pas pouvoir vous en dire plus sur nos activités lubriques, pardon, ludiques, fâché d'avoir omis tous ces événements heureux. La route est droite, mais la pente est rude, Pierrot m'a fixé des limites, des butées à ne pas dépasser et je n'ai pas trouvé chaussure à mon pied. Tiens, en parlant de pente, de fixer des butées, de bout de chaussures, ça me rappelle un truc bien connu de tous nos camarades, ces glissades sur la neige avec des instruments étranges recourbés au bout.

Voilà, suis-je bête, c'est du ski, c'est du ski qu'on a fait, c'était un stage de ski, à la Plagne même avec un 'n' qui m'a échappé dans mes photos, et pas à la Plage c'est du n'importe quoi, d'ailleurs j'y repense, mes photos, elles ne sont pas floues, ni surexposées, j'avais juste oublié de mettre mes lunettes, le blanc qu'on voit, c'est de la neige.

Bon Pierrot, je t'envoie le compte-rendu comme ça, tu expliqueras à nos nombreux téléspectateurs que suite à une grève impromptue, le programme est reporté à une prochaine fois, des bises à ta femme, prends soin du chat.
Edmond