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LES AÎNÉS DE l'UCPA

 
 
17 rue Rémy Dumoncel 75014 Paris - lesiteaines@orange.fr

La vie "ordinaire" (c'est lui qui le dit) d' Alain Coduri

Je suis né en 1947 en Autriche. Mon  père mécanicien dans l 'armée de l' air, était ( en autre) durant la guerre à  Jeunesse et Montagne ; chef dans un chalet à Lisey (Cauterets) dans les Pyrénées .
Après la guerre, il est envoyé chef d' un chalet centre de repos pour le personnel de l' aviation,  à  Mittelberg(Kleinwalsertal) .
Au bout de deux ans il est envoyé à la Base de Francazal (Toulouse, ma mère est Toulousaine) nous allons y passer quelques années,  puis il part pour la guerre d 'Indochine, puis toute la famille part en Algérie : Colomb Béchar (Sahara). Retour en 1962 à Toulouse et un an après chez mes grands-parents paternels  à Bons Saint Didier (Chablais) en Haute Savoie.

A ce jour mon niveau en ski est nul (quelques sorties en Andorre), mais sur le plan vie collective j’ai été louveteau, scout de France, éclaireur saharien.
Les seuls loisirs de la famille Coduri  : promenade dans la  campagne toulousaine, aller regarder les 10 ruches de mon père, visite dans l 'Ariege (famille de paysans) je met mon chapeau de brousse ou  en fourrure « David Crockett » mon  poignard : je suis un trappeur !!!!!
J'aime la lecture : les découvertes, les explorateurs, les navigateurs, les pirates, les civilisations disparues, etc etc . Mon père me paye deux stages de voile-canoë à l 'UNF de Anthy Sechex(Lac Léman).
ANECDOTE : Tous les matins , rassemblement par chambre, le moniteur de service va vérifier les chambres si le lit n' est pas fait ou la chambre mal rangée le cours ne part pas avant d' avoir tout rectifié....
Je fais aussi un stage de perfectionnement au CIV du Roucas Blanc (Marseille).

ANECDOTE : Je vais au WC, je tire la chasse, elle se bloque : je la tripote,  je reçois de l' argent. Il y avait eu un vol et de l'argent avait été coincé sur le réservoir.....

Mon père démissionne de l 'armée (notre maison à Etrembières (Hautes Savoie) à paye, ainsi que les études  des 2 enfants  : il travaillera quelques années en Suisse.

Je suis en troisième,  quelles études  faire? Je me renseigne pour être archéologue,  il faut avoir étudié le latin ,le grec ...... ma vocation est terminée. !!
Je vais donc faire 3 ans (interne) au Lycée technique Germain Sommellier (Annecy),  je passe durant cette période avec succès mon diplôme de Moniteur de voile à l'UCPA,  le centre UNF est fermé,  le centre des Marquisats finit  sa construction et je vais les aider bénévolement . Je réussi aussi  mon diplôme de technicien Fabrication Mécanique. Je ne prépare même pas le dossier pour l' école de technicien supérieur, mon père est d'  accord.  J'attaque ma première saison de moniteur de voile aux Marquisats.
Je découvre l 'enseignement, l’art de naviguer avec des vents faibles qui n' arrêtent pas de tourner, la liberté de sortir le soir, le prestige du moniteur et dans un bar du » café théâtre » et des sketchs (une révélation).
Pas de salaire puisque pendant deux mois on nous rembourse les frais de stage...

La saison se termine j' ai ma première évaluation « nonchalance chronique » ….bon début de carrière.....
Mais on a besoin de moniteurs à Niolon pour finir la saison, j' y vais : il y a peu de stagiaires dans l 'activité voile canoë,  on récupère les plongeurs  sous-marins qui ont  peur ,mal aux oreilles, etc
C' est la première fois que je vais hiverner un centre nautique ,je demande à « Jean le pécheur » comment on hiverne un bateau  : « tu le prends et tu le retournes » , et pour les voiles ?  « tu les jettes dans un local ».
Je fais mon premier baptême de plongée, au fond de la mer il y a encore des bombes non éclatées.

ANECDOTE : A  Niolon il y avait un dépôt d 'ordures et des centaines de chats sauvages, affamés, agressifs, qui rentraient partout pour voler de la nourriture. La saison est finie ,certains membres du  personnel avaient des pistolets et autres armes,  et s' amusaient à tirer en direction des chats pour leur faire peur  (bien sûr il n y avait plus de stagiaires sur le centre......)

La saison est finie,je retourne à Etrembières : avec un copain nous montons le plus souvent possible en stop aux stations de ski des Gets et de Morzine pour apprendre à skier.
Mes parents nous payent  un cours particulier pour évaluer notre niveau et corriger nos défauts
J 'ai 20 ans, je skie comme un pied , je n 'ai jamais fait  ni de slalom et ni  de poudreuse,  aucun sport sauf la voile..   quand je signale au moniteur que je voudrais être moniteur de ski  il frise la syncope.
En tout cas c 'était un visionnaire : il me dit que je n' y arriverai pas....
 
Alors pourquoi pas pisteur? La Croix Rouge d 'Annemasse envoie des jeunes secouristes bénévoles pour assurer des permanences dans les postes de secours de deux stations de skis Hirmentaz -Bellevaux et Chatel .
Je passerai donc mon diplôme de secouriste et une partie de l' hiver dans ces deux stations.

ANECDOTE : Les pisteurs secouristes braves montagnards avaient toujours sur eux  gnôle et genépi pour réconforter les skieurs blessés ...un jour un chirurgien de l' hôpital d' Evian monte  à Chatel et nous signale avec  humour que les blessés de Chatel sont tout de suite repérés  aux urgences grâce à leur haleine genépi , mais nous demandent d' arrêter à cause de problèmes quand il y a  une opération chirurgicale importante à faire.
La saison est finie je sais un peu mieux skier et j 'ai un diplôme de secouriste.   Je demande du travail à l 'UCPA qui  m'envoit à Benodet.
ANECDOTE : Voyage long en train de la Haute Savoie à la Bretagne. Je pars le matin ,je dors à Paris en salle d 'attente,  je prends le lendemain  le premier train pour Quimper, j 'arrive à Benodet vers midi un dimanche,  je me présente au directeur : « Alain Coduri ,moniteur de voile »   LP : « tu sais peindre ? » , AC :  « oui » ,  LP : « Va à l' atelier il y a du travail «.
Je pose mon sac et je rejoins des personnes en train de peindre : c’ était de  l'humour !! quelques dizaines de minutes plus tard le directeur arrive et nous offre l'apéro.

ANECDOTE : Nous sommes  en Mai 68,  les stagiaires n' arrivent plus sur le centre.
Un moniteur motivé politiquement nous explique la situation : il faut manifester, contester, faire grève!  Nous allons voir le directeur, il ne sait pas trop quoi faire de ces dangereux révolutionnaires, il téléphone au siège de l' UCPA: ils sont en grève !!. Il nous garde, mais toujours pas de travail : nous décidons de monter au siège de l' UCPA à Paris et nous restons quelques jours à nous faire courser par les CRS,  puis nous revenons à Benodet.  Nous partons en croisière avec un moniteur, Marc Ollier de Marichard,  propriétaire d 'un « Mousquetaire « .  
Au bout de quelques jours nous apprenons que le centre est de nouveau ouvert et nous rentrons en stop.

ANECDOTE : A Benodet il y a un dortoir stagiaires prés de la mer (la Mer Blanche), durant la nuit nous essayons avec quelques moniteurs de sortir par la fenêtre un dormeur sans le réveiller et de le  déposer avec son lit à marée basse dans la mer pour qu'au réveil il se retrouve entouré d' eau.  Nous avons 99 % d' échec mais ça a marché quelquefois !!!!
Bilan de Benodet :  trés bonne saison, connaissance du vent,  de la mer ,  de ses marées et de ses courants,  naviguer sur des vieilles  baleinières, faire de la croisière sur  6,30 Lanaverre avec Gerard Provaux (et des stagiaires), passé mon BE voile, des moniteurs sympas et Claude Louedec humain et plein d 'humour.

Je dois partir au service militaire : 15 mois dans l' aviation à  Lyon Satolas, à la détection radar.  Je fais gratuitement du vol à voile,  je suis lâché en solo…. je n'aurai jamais plus l 'occasion d' en faire …
Je vais faire 3 longues saisons à Bonbannes, (sauf Juillet Août) grâce à Jean Mariani, sa passion, sa compétence, son organisation et des bons  moniteurs (les frères Sirat par exemple).  
Je vais faire d' énormes progrès en voile sportive, quelques régates avec Denis Cogez, et grâce à André Pou la maintenance du matériel nautique n' a plus de secret pour moi !!!

En Juillet août je décide d' encadrer bénévolement de la croisière à l' UCPA, mais j 'attends d être inscrit définitivement à un stage de perf’ croisière à l' école nationale de voile à  Beg Rohu pour demander ce travail à l' UCPA.  Je fais ma croisière qui se passe très bien, au cours d' une manœuvre ma seule paire de chaussures tombe  à l' eau.
La croisière terminée je rentre à Beg Rohu récupérer du courrier : la lettre UCPA est là, mais ma candidature est arrivée trop tard et je n 'ai pas de place .

 Je n 'ai plus de travail,  plus de chaussures, 5 francs en poche. Je regarde les offres d' emploi : le chantier Gouteron  à la Baule (constructeur des  dériveurs 4,45 et 4,85 ) cherche un brevet d’état pour son école , j 'y vais.
École sans bateaux collectifs, sans  moniteurs diplômés.  Il y a des « accompagnateurs de bateaux de location », la base sur la plage de la Baule c' est : une grande voilerie, une douche, un frigo , un réchaud électrique, un comptoir de bar, une secrétaire hôtesse qui reçoit les clients car je suis souvent sur l'eau.
Je n 'ai pas d' argent, j'ai dormi donc  2 mois sur les sacs à voile,  le WC public ferme le soir,  je fais mes besoins la nuit  à marée basse ou depuis un bateau !!!!!
ANECDOTE : Un client original nous prend un  cours de voile tous les matins pendant  15 jours uniquement pour aller remplir une bouteille d 'eau de mer au large....

Une autre saison je fais l' ouverture du centre de Cogolin ,
Je sors du car à la Foux, avec une adresse : Yotel UCPA. je cherche un hôtel ; c 'est un camping ,je vais à la réception :  pas d 'UCPA.  On m' indique une personne qui dors dans une tente, c 'est un moniteur de croisière, il m' explique la situation:à cause de grèves de la SNCF et des routiers aucun  matériel n 'est arrivé ni les plastibules UCPA (type Magnone) ni les «  420 » ni les »  Mentor » il y a deux « Sangria » (bateau de croisière). Je logerai dedans  avec un autre moniteur,  Habib Ben Zineb.
Pendant une bonne semaine nous faisons tous les jours des sorties sur » Sangria «,  et tout arrive d' un coup, quand nous avons fini de gréer tous nos  420, un arrêté du Maire (de Cogolin ?) nous expulse de la plage, le directeur Jean Armandi trouve une solution :  louer un quai dans les » Marines de Cogolin « et amarrer nos dériveurs à côté des bateaux de croisières.
BILAN :bonne saison  et surtout beaucoup la fête dû à la proximité de Saint Tropez.

Je vais faire une autre ouverture de centre : Borgo en Corse, directeur Ramon Girerd. Mon premier contact avec l' association VVF ; saison agréable.

ANECDOTE  : Des chasseurs sous marins nous signalent une épave d 'avion devant la plage de l' école de voile , je pense à l 'avion de Saint Exupery : déception il s' agit d' un avion allemand un FolkWulf , il est sur le dos ,bien ensablé  et on ne peut pas voir si il y a un pilote dans l 'avion .
J ai une idée accrocher des bidons de  200 litres à la roulette arrière, les remplir d' air et l' avion va se soulever. Claudine ma future femme arrive avec sa voiture  du continent, je l’invite très rapidement à faire la tournée des dépôts d' ordures pour chercher ces bidons  de 200 litres, elle est tout de suite impressionnée par mon romantisme !!!!
L' opération ne marche pas, je dois rendre les bouteilles de plongée, l 'aventure renflouage s' arrete là !!!
 
Au cours de 3 ans passés à Bonbannes,
    •    on aura crée la première soirée sketchs dans un centre nautique  ,
    •    j 'aurais connu des moniteurs originaux, Henry Lecointre, en fin de saison il nous offre le restaurant, nous partons dans sa « Dauphine «  nous rentrons à pied : il l 'avait échangé contre les repas.
    •    ANECDOTE  : un début de saison  j 'envoie de Haute Savoie mes affaires en bagages accompagnés dans un sac type sac militaire vert olive en toile, arrivé à Bordeaux mon sac n' est pas là , le cuisinier ira dans trois jours faire des courses à Bordeaux, je lui décrit mon sac, lui donne le reçu, le soir il me rapporte un sac,  je l' ouvre : casque ,tenue de combat , rangers…   je vais encore attendre  4 jours pour faire l 'échange....
    •    Le jour d' arrivée de stage  nous nous occupons des logements des stagiaires, les plus jolies filles sont logées dans le dortoir le plus proche des chambres moniteurs, ça c 'est de l' organisation !
    •    Les garçons sont logés dans des grandes tentes dans les dunes; leurs lits sont posés sur des caillebotis, chaque départ de stages nous ratissons sous les tentes et récupérons l 'argent tombé silencieusement dans le sable : de quoi acheter des apéros !!
    •    Lors d' une discussion Jean Mariani me signale que j'aurais la capacité de prendre des responsabilités, mais il faut être » bivalent»  pour aussi demander la permanence.
    •    Je m' inscris au stage de moniteur de ski   bénévole à Val d Isère, je rate l 'examen.  En fin de stage on me propose Factotum à Argentière, me voilà donc déménageur, peintre,  homme de ménage, aide barman, mais je fais beaucoup de ski ..
    •    ANECDOTE  : Importante épidémie de gastro entérite à la station, il manque beaucoup de moniteurs. Lundi on frappe à ma porte, c 'est le directeur, il me dit :  enfile ce pull,  tu es moniteur pour la semaine !!!
    •    L' année suivante je ferrais la « promo ski » 3 mois de ski et à la fin on me donnera le diplôme de moniteur bénévole UCPA...
    •    Je travaillerai 3 saisons comme bénévole à Flaine, Val d'Isere , e Bez :  je n 'aurai pas le niveau en slalom pour aller avec succès à la Capa, plus des entorses récidivantes aux genoux,  j' abandonne, surtout que je suis directeur à Giens depuis deux ans..
    •    Durant les hivers je suis  chef de maison, directeur ou intendant  sur les centres de Montricher les Karellis, Jean Bouvier, Gourette, Val des Prés, le Bez, les Orres, Les Contamines.
    •    J'ai travaillé  20 ans sur le centre de Giens, le plus beau site nautique UCPA de métropole :
    •    climat, vent, beauté des fonds sous marin, les Iles d 'Hyeres, l 'accès facile, SNCF, autoroute, aéroport, les salines, la ville médiévale,  etc etc
    •    Mais un gros problème : comment faire cohabiter 100 jeunes, au milieu de logements de familles ? heureusement les mémorables soirées danses UCPA  sur la plage créent une ambiance chez les stagiaires.
    •    Des projets  pour créer un centre UCPA en HLL (habitat léger de loisirs), pour créer une base technique propre et fonctionnelle, pour remplacer caravanes, algécos, plastibule, cabanons qui défigurent  la plage qui n 'aboutiront jamais …..
    •    En 20 ans j'ai  vu passer 6 directeurs au VVF,  sauf un qui nous méprise, tous très humains et coopératifs.
    •    Grâce à des amitiés au niveau du parc national de Port Cros nous aurons le prêt pour y organiser des  bivouacs dans les forts du petit Langoutier et  de Port Man, je signalerai à L' UCPA la vente de l' hôtel la Réserve sur l' île du Levant, qui deviendra un centre de plongée.
    •    L' autre problème du Sud de la France ,c est « l 'insécurité » : vols de moteurs, de voiles, de PAV, effractions et vols de bouteilles et matériel de plongé et même un compresseur durant un hiver, etc etc.
Fin de l'aventure avec les  VVF
          Je pense que des commerciaux, (jaloux ?) en ont assez de voir dans leurs villages  plongéeUCPA, tennis UCPA , kayak UCPA, voile UCPA,  etc etc, i ls ne veulent qu' une image : »VVF » et ils pensent quu’ils pourront faire aussi bien que nous !!!!!
Nous quittons le VVF, heureusement un ami architecte me signale des bâtiments à vendre ou à louer, l’ UCPA fait affaire, nous sommes chez nous à la Bergerie !  (Presqu ile de Giens)
Je passerai les 10 dernières années de ma carrière comme « chef de maison/ intendant » . Le centre est plus dur sur le plan technique, nous sommes sur une plage publique et les  hôtels qui nous entourent (qui reçoivent des retraités en début et fin de saison) n 'apprécient pas la musique de nos soirées danse.

Quand j ai commencé ma carrière à l'UCPA les stagiaires voulaient en « baver », puis ils voulaient «  s 'éduquer », puis  « s 'éclater ». Maintenant ils veulent « consommer ».
Comme ont dit dans le Sud; : l y a beaucoup d' autres choses qui commencent aussi  à me  « Gaver »  à l'UCPA.....
J’ ai  bientôt  60 ans, toutes mes annuités, je partirai à la retraite le plus tôt possible et sans regret....mais si c' était à refaire je recommencerai !!!!

                       Fait en Avril 2016, il y  10 ans que je suis à la retraite....
                                                        Alain Coduri dit Goudurix